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Fatos et les bestioles, c'est la rencontre  avec les animaux, sortes de fabliaux
Fatos et l'éros, disons que je trouve ça érotique...
Fatos et l'amie de maman, amours féminines...

Texte libre

Jeudi 17 avril 2008

Serrés les uns aux autres qu’on était dans le train, la lumière c’est toute la nuit qu’il la laissait, ça doit être pour mieux dormir, par terre pour certain comme moi qui ne connaissait pas encore les avantages du gratuit, qui partait pour le service militaire. Dans le wagon bien éclairé, c’était bien entretenu toutes les loupiotes ça donnait dans l’aveuglant si t’approchait, ça faut dire on distinguait bien dans les couloirs qu’on pouvait quand même se marcher dessus tellement c’était bourré de bidasses qui s’allaient pas en guerre qu’étaient pas encore des dégueulasses. Tous en civil on aurait pu penser train ordinaire, et puis c’est tout qui sentait le triste et l’enfermé avec un relent de fumée de cigarette, nuit blanche que t’avais sur le plancher qui répercutait sa vieillesse, ses vagues de douleurs qui le prenaient la nuit, c’était bien difficile avec un vieux pareil de voyager, d’être peinard, faut pas même en rêver. Perclus de rhumatisme, l’ancien tout d’humidité, le froid infiltré sadique ça va bloqué tout dans l’automatisme, et ça craque, et ça voudrait crier, finalement ça se tord et se tait… Tu fais le vœu de t’endormir, mais l’espèce de dortoir c’est un dépositoire pour les ronflements, les secousses à la con, le roulis avec son train-train, les trépidations qui recommencent et puis c’est surtout que t’as la lumière électrique qui te crache à la gueule et qu’à rien de sympathique.

Train de nuit sans couchettes, t’arrive un frais matin cinq heure du mat c’est effrayant à l’autre bout de tu sais pas où, la tête dans le pâté, la girouette là-dedans qu’a valsé, les yeux hagards, tu cherches juste à être peinard, dans la poche de ton blouson l’injonction à comparaître…, ordre de mission service armée… et puis voilà t’es plutôt content que des militaires bien de chez nous apparaissent, dans le brouillard de l’étranger, avec des camions qui sentent le gazole comme on s’asperge chez soi les dimanches matin de kermesse de tout un paquet d’eau de Cologne parce-que Marie j’espère qu’elle sera là, et puis à l’église ça te tourne la tête, tu l’as vue, belle comme la vierge celle qu’es une statue te dévisse le cou un bref aperçu, ses jambes nues, le rose de ses lèvres, la pâleur de sa peau et sur ses joues un petit fard…

Les camions c’est gras au toucher et trop parfumés, dedans t’as déjà entassés des gars qui attendent somnolents, c’est pas la peine de leur demander quoi que ce soit, au mieux t’auras un grognement. Tu montes, c’est haut, tu t’arraches, c’est foutrement haut, t’as le manque de sommeil comme un boulet que tu te traînes, et tu rates le premier marche-pied qu’il faudrait au moins un escabeau pour te l’escalader et puis ça glisse, c’est vraiment trop gras, trop poisse, ça transpire le camion qu’ils ont amené flambant neuf, on dirait… et tout brillant, et puis on te fait la courte, - t’es vraiment pas doué mon gars va falloir faire un homme de toi -, on te propulse le pied, et les mains en appui sur la rambarde acier froid, déséquilibré, c’est ton estomac qui se tape alors son tranchant arrondi et ça te bouleverserait si t’avais petit déjeuner, ça rentre en plein dans ton creux où ça fait mal… - t’es une mauviette ou quoi - qui te font ceux d’en bas… autant de l’extérieur il fait beau à voir le camion mais sous la bâche qu’est plus dégueulasse que le ciel tout gris, assis c’est beau dire sur la banquette froide ferraille trois barres d’aciers carrées peintes en bleu qui laissent à prévoir que t’as pas intérêt à avoir un gros cul sinon là-dessus tu peux t’asseoir, tient pour te casser la gueule on fait pas mieux, et puis encore une fois on se tenait bien entassé ça évitait qu’on glisse, coude à coude, corps à corps, on se tenait chaud… dehors ça commençait l’aurore, les raies roses, et des types errant comme des nuages perdus, déchirés, feuille de route froissée… un gus se pointe ici, aussitôt éconduit t’es pas du régiment qu’on lui fait, il passe d’un camion à un autre, je le vois revenir le visage gris pas de poil au menton, c’est un poussin sortit de l’œuf et mon tout petit viens ici, assez jouer, il commence à vouloir monter, j’ai pitié, je lui tends la main je crois bien que c’est comme ça qu’on est devenu copain.

Par AronMoysche - Publié dans : roman en cours
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Jeudi 13 mars 2008

Dansons sur l’herbe, roucoulons
pour cette belle allons, allons à reculons, hésitons…
revenons sommes nous pigeons ou non
pour elle paradons, roucoulons, notre chant, tout notre corps gonflons
celle-ci s’est envolée, certes, avançons, pour celle-la sautons le pas, sautillements ayons
agissons, notre tête métronomique la rythmique saccadons
le corps si désiré, admiré, enchanteur de l’élue de notre cœur becquetons
sous l’influence de nos hormones printanières, le dos gris transfigurons
fou soyons, rêvons mon ami, fantasmons ce dos sur lequel tantôt nous prendrons appuis, copulons
dansons sur l’herbe, roucoulons
scandons­-lui que nous sommes le plus beau des pigeons
soyons celui-la qui la mènera dans un petit nid d’amour perché alentours si bien aménagé par nos soins mais enfin qui est-il celui-ci à se pavaner, à vouloir se promener à votre bras, d’un tel importun nous n’avions aucun besoin, concurrence déloyale qui voudrait l’emporter, instrument contraire, voleur de vers, détrousseur de mie, extorqueur de poésie, et nous nous laisserions avoir, nous ne serions qu’un pigeon, non chassons le malotrus dansons sur l’herbe, roucoulons
chassons confusion, où en étions-nous… pour cette belle, soyons, soyons…
pousse-toi de là espèce de métèque, vile interruption, oiseau de malheur, espèce de ramier qui ne sache qu’apporter mauvaises nouvelles, voyageur à la manque que viens-tu en notre jardin piétiner plus belles plates bandes, cesse d’asticoter ma belle, que je me rebelle, atroce intrusion…
chassons l’importun, dansons sur l’herbe roucoulons
racontons ma belle à qui nous offrîmes superbes soupers, pour qui nous donnâmes tout notre âme, pour qui nous composâmes prose poétique, roucoulâmes ma chère, allons dansons…
Nous nous vous donnons et en prime toute la frime que nous possédons
Cet étranger à qui pourtant et trait pour trait nous ressemblons l’avions-nous invité ? Nous craignions bien que non, le voilà de nouveau, imposant sa présence, comme indispensable… or, n’allons pas à reculons, ne laissons pas cet adversaire se saisir de notre opportunité, ayons tant de jalousie clouons lui le bec mais diable…

Pourquoi, pourquoi ne parle-je pas, pourquoi tout en moi ne reste qu’à l’état de penser ?

Qui suis-je ? Dialogue intérieur…

-         « Et que pensez-vous de moi qui suis tout à coup improbable car je pense que je le suis dans cette affreuse incapacité à m’exprimer… nulle autre alternative que de penser unique à cette belle ignorante de mes pensées les plus profondes et qui pour m’exciter s’en va par des voies jalouses se rapprocher à son aile gauche de cet… cet, comment dire mon ire quand je ne puis que roucouler… mais quoi, le plus terrible, l’impensable viendraient-ils de s’envoler ? Cela pose question… quid de nos hormones… et notre progéniture tuée dans l’œuf que nous ne couvririons pas, quelle horreur c’est dit non, non nous ne serrons pas papa, pas avec elle en tout cas… »

Dansons sur l’herbe, roucoulons
pour cette belle allons, allons à reculons, hésitons…
volons vers cet autre appel, cette belle est mienne, dansons sur l’herbe, roucoulons
Toi ma vieille te voilà revenue, toi qui voulu me faire connaître jalousie, toi que j’ai maudi, toi qui me remettais par ailleurs en question, toi que je désire mettre dans l’oubli… d’ailleurs regarde là, ton voyageur au loin est bien parti…
Dansons sur l’herbe, roucoulons
pour cette belle allons, allons à reculons, hésitons…

Par AronMoysche - Publié dans : Fatos et les bestioles
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Mercredi 5 mars 2008

Une dame âgée de son rez-de-chaussée
Lance, sème aux pigeons roucoulant des miettes de pain blanc
Au pied de l’immeuble de béton, parallélépipède ton blanc cassé touche-à-ciel, c’est du gazon… du vrai, de l’interdit de piétiner, tout en survie les brindilles, faut voir la tête, sales écœurées, faut dire tout ce qui leur tombe dessus depuis les fenêtres dix sept étages et que ça balance yaourt qui s’éclate étale contenu morve lactée, des suicides tous les jours… le parterre c’est tout parsemé canette de bière cabossée, crasseux papiers, sacs plastiques déchirés pas pratiques ; et faut que la vieille rombière rajoute au paysage ocellé souillures le pain sec haché, celui qu’elle passe temps, presse purée… et à elle le parterre bruyant, pour elle l’assemblée de bleu paré… au moindre mouvement c’est apeuré, le regard fuyant, prêt à s’envoler… c’est méfiant, les bestioles… c’est plein de tic, la tête en balancier aiguille de métronome régulier, plonge roucoule picore, recule roucoule avance sait plus quand un congénère prend son vol avec morceau convoité au bec, faut faire avec…

Et la dame fustige les passants, les gens sont si soucis, des ceci, des cela qui l’empêcheraient de jeter, c’est la loi, pâti et patata… avec la vieille pas la peine de discuter, furibarde dès qu’on parle de la gent ailée, sa compagnie… pour elle, une nouvelle poignée semailles qui par petites béquetées est avalée…

Elle fait assez sorcière, la semeuse en rez-de-chaussée, elle fait garde frontière… l’espèce de bout de jardin qui tache de pas finir terrain vague déchèterie c’est son pays, c’est défendu par la bravache, tu touchera pas une aile de sa population pigeon… c’est des figures pas bien en sympathie qu’elle a, des solitudes âgées qui font peur, un genre empoisonné, non on ira pas demander ce qu’est sa vie, on la préfère en fenêtre, hurlante aux passants tant pis, roucoulante, ça fait décors… ça donne un quelque chose à l’immeuble… qu’est parallélépipédique, sévère le géométrique… ça se répète, opération mathématique chez ses frères symétriques, quatre alentour… ça se répète… le lancer de la dame âgée… ça se répète… elle vitupère, elle exaspère, elle désespère sa trombine en fenêtre ornementée, on préfère s’en passer… et ça se répète le mouvement chute libre, paquet d’ordures ballonné sans parachute, balluchon s’écrase mis à sac, dans l’herbe déchets aux vents lambeaux plastiques l’envole, les oiseaux…

La dame, dans le quartier est mal aimée, c’est à dire que souvent sa conversation c’est fait de jurons, d’admonestations… au sale môme qui chasse le volatil… le seul moment de sa journée où elle se trouve un peu de compagnie, certes parmi la gent ailée… petit malappris… saleté… qu’elle dit, et ça se répète… tenterait-on de l’amadouer… vaurien, que des vilaines manière monsieur et le parler affreux… je vous jure… ça se répète les putains… ça se répète, elle se plaint… les gosses toujours, et les pigeons, envolés… revenus, c’est bon… mémé arrête de gueuler…

Par AronMoysche - Publié dans : Fatos
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Mardi 26 février 2008

Sur un matelas les deux petites un peu lasses se prélassent. Sous le soleil au zénith elles rêvassent. Elles se racontent les secrets si bien gardés qu’ils sont trésors des fillettes, qu’ils brillent dans leurs yeux, gemmes translucides d’où scintillent brillants marrons, d’où chatoient des éclats vert qui sont par les cieux convoités.

Or, il était une fois richesses qu’elles ne les partageraient pas, à elles les beautés lumineuses, à elles les précieux moments éblouissant des enfants ;

et ces merveilles l’éclatant soleil les désirait ardemment, il avait, pour elles, cette fascination qu’éprouve les avaricieux, et de voir un photon malicieux en liberté, c’est un sujet qui le rendait malade… il ressentit en lui une grave avarie, sa coque comme percée, il eut l’impression que tout lui échappait dont le magot qui lui servait à briller en société, il fallait que cela cessât.

L’astre eut une courte réflexion, une brillante idée et pour cela, de ces hauts lieux, il dépêcha, en ambassade, le plus coloré de ses rayons qui de ses tons les plus majestueux irait flamboyer dans un long cheveu qu’une des fillettes, de sa queue de cheval, avait retiré afin d’en faire danser sur leurs visages l’ombre.

Que cette mission, par sa majesté édictée, fut ressentie comme un véritable enfer pour le petit plénipotentiaire qui tombait de haut… il avait eu pour l’avenir bien d’autres espérances, mais qu’en faire désormais, lui qui avait longuement étudié en des universités savantes, lui qui en avait appris un rayon sur nombre de théories et n’avait que l’envie de savoir, de porter en haut lieu la connaissance, il aurait embrassé la carrière de chercheur et non pas, comme lui avait demandé son maître, deux petits bouts de femmes pour leur arracher des secrets que tous savaient justement bien gardés.

Aussi avait-il protesté longuement dans un silence qui en dit long, mais qui malheureusement ne fut pas entendu. Et de par son faible caractère il n’avait pas réussi, il s’était résigné à laisser s’échapper une remarque qui alla tout droit à son monarque, il avait bafouillé, marmonné en substance qu’il ne voulait surtout pas avoir la connaissance de fillettes espiègles, ce à quoi le roi rétorqua qu’il fallait à son sujet étendre son savoir au moins jusqu’en bas, attendu que les hautes sphères fussent déjà l’objet d’énormes recherches, d’investissements extravagants c’est désespérant mon dieu ne se plaignait-il pas encore et toujours à sa majesté qu’ils n’eussent ni trouvé les portes du paradis et encore moins où pouvait habiter s’abriter mon dieu se lamentait-il les clés qui les eussent ouvertes.

Dans sa chute, à un train d’enfer, le parlementaire récemment nommé, réfléchissait, comment aborder la question sur laquelle inéluctablement il allait tomber, comment faire savoir qu’il se trouverait là sous leurs yeux, comment leur faire miroiter l’extraordinaire qu’elles échangeraient alors contre quoi, un ou deux petits trésors de rien du tout, ainsi tombait-il lorsqu’il comprit que sa vie ne tenait qu’à un fil car son maître l’avait envoyé dans un vide bien connu.

Il laissa ses réflexions pour parer au plus pressé, de ralentir sa vitesse qui est malheureusement une constante releva de l’impossible, il ne lui restait qu’à changer de milieu et visa le cheveux qui lui refusa tout net tout visa, toute entrée aussi haut placé qu’il fût, d’aussi loin qu’il fût venu rien ne lui était autorisé, ainsi précipita-t-il sa chute…

Notre rayon en demeura tout interdit, dut improviser, trouver une meilleure chute à cette histoire qui si elle continuait ainsi finirait vraiment très mal, ce que refusa, sachant l’inéluctable le petit savant qui ne savait plus trop quoi faire quand un déchet de coiffeur peu aimable, une espèce de minable que pour rien au monde on ne dédouanerait vous refuse l’entrée, vous chasse aux portes de la gloire, quoi faire ?

Quoi faire, abandonner la mission, aller en prison, quoi faire et que faire de sa méconnaissance qui était pour lui un tel déshonneur de sorte que cette disposition d’esprit lui fît prendre une toute autre direction, à l’instant même où l’une des petites sortit un miroir qui par courtoisie changea toute l’existence du savant qui ne savait que faire et le renvoya non pas à ses chères études, ni même vers son seigneur mais dans toute une confusion qui s’empara de lui.

Renvoyé ! S’énervait-il, renvoyé quelle honte, quelle forfaiture qui m’afflige, moi qui de tous temps fut le premier, moi qui brillais tant que tous m’enviaient, me voilà renvoyé ! Le pauvre pensait finir à l’ombre, après le cuisant échec et l’abandon de poste manifeste, le pauvre était prêt à disparaître et du néant même le voilà renvoyé. Que l’on s’imagine dans cet esprit éclairé toute l’horreur d’une situation des plus inattendues, lui qui embrassait la carrière de chercheur, lui qui avait toujours su tout sur tout ne su pas, essuya un terrible échec et des sueurs froides, renvoyé il embrassa soudain le rose à lèvres qui sortait du tube et brilla de façon bien inattendue aux yeux tant émerveillés des gamines qu’elles envoyèrent au soleil un cortège d’étoiles bigarrées !

Notre savant, après sa chute, avait trouvé la vie en rose, tous les jours, il s’étalait étincelant, sur ces lèvres et même devint dit-on amoureux.

Le soleil souverain tenta bien en vain de récupérer cet esprit des lumières qui lui avait fait parvenir tout un firmament, il saoulait bien son monde maintenant qu’il se trouvait en permanence dans les étoiles brillant plus par ses bêtises que par des conseils bien avisés, la nuit d’ailleurs on le destituait pour préparer, en secret, les jours nouveaux…

Par AronMoysche - Publié dans : Fatos et l'éros
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Lundi 11 février 2008
                                                   XII Août



Parmi les détritus
, les mornes emballages… morts des choses… se balancent monotone au vent petites fleurs safran pétales cœur soleil levant… dans l’herbe, grasse touffue petit coin de paradis, où s’était installée, samedi, une famille d’immigré abandonnant la peau d’une orange… où s’assirent, dimanche, en amoureux un couple heureux laissant au gré du vent d’emporter au hasard le sac à l’intérieur bien gras du restaurant aux repas à emporter… où vomit, cette nuit, atroce toutes ces tripes écœurantes, un clochard ramassé de justesse, au bord de son propre gouffre ignoblement sali, par la brigade aux plus démunis des sans abris, trois bras qui te tirent mon ami, une moue parce que l’odeur infecte comme un virus un cancer vous pourrie la vie…

Et lundi, promenade matinale du chien, à l’aube, par l’odeur alléchée d’un bout de mort à ronger comme un os, un parfum de charnier son territoire d’une demie-heure où il doit pisser et au besoin poser sa crotte grosse bien fumante dans la fraîcheur…

Le pissenlit se fiche de sa fleur, il n’a cure de ces aventures, il s’en balance mollement, tant mieux si elle se trouve en territoire dégoûtant, c’est qu’il y en a comme ça tout plein des pensées dans sa tête à pollen je sème à tout vent… sa sœur, il le sait ce qu’elle aime, il le sait c’est écœurant cette jalousie qui le pique, taraude et fasse de lui… rien, comme vide… ça le désespère… le poids plume d’une abeille qui sur elle s’est posé, ça le mène à désirer immédiat qu’elle vienne à le sucer… il en étend écarte violemment lointain ces poils boule blanche et quel appât !… un enfant le cueille juste au mauvais moment ;

Quand, exactement ça envahissait tout, cette façon d’imaginer, cette impression de se faire pomper par l’abeille son insecte préféré, besogneuse butineuse…

Et de cette bouche rose innocente sortit vent mauvais, un presse-purée qui le déchire, éclate sa pauvre tête, plus un poil pollen, tout nu la boule à z… Ce qu’il en reste, pauvre queue cueillie bien lisse c’est jeté, abandonné, oublié dans l’immondice trace de

clochard perdu

lundi pisse de chien éclat

d’amour miette de frites

dimanche mégot éteint à la va vite

samedi garçonnet qui voulait embrasser grand-mère, grand-mère… quand elle déposait…

-         « grand-mère, grand-mère »

quand elle entreposait en serviette en papier humide des larmes, quand elle avait parlé dialecte berbère du bled, caressé la tête du pissenlit, donné le pourquoi du fallait-il toujours partir : grand-père était là-bas… le temps de respirer, le temps d’avant que de pleurer inch-allah, là-bas et enterré…

-         « grand-mère, grand-mère » l’appelait doucement le garçonnet

grand-mère dont le doigt fouillait doucement le touffu, caressait tête blanche, confuse comme un souvenir, parmi les tristesses jetées dans l’herbe, mornes emballages d’existence diffuse… et le petit dernier, un regard des yeux noirs éclatant comme son grand-père, plein de malices, sans délicatesse et à quatre pattes cadença genoux mains genoux mains, avança tout gonflé de vent joufflu comme il sied aux bébés nourris à satiété, cueilli, souffla pissenlit, rit aigu puissant quand en milles brins s’envolèrent de grand-mère tous les malheurs !  

 

Par AronMoysche - Publié dans : Fatos
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