A table, en fait sous la table, il n’y a rien à savoir, aucune nouvelle connaissance, ne s’y trouvent que des pieds calfeutrés dans leurs chaussures, à lacets pour lui qui en haut fait dans sa conversation des circonvolutions autour d’une chose qui en bas échappe à la fillette qui regarde passer les dessous de tables impayables comme cette main poilue qui cherche en tâtant bien la cuisse découverte, féminine, qui cherche encore plus haut dans l’ouverture laissant entrevoir un peu du sombre d’un satin noir…, sous la table la gamine attend d’en savoir un peu plus, tandis qu’on s’échange en haut les plats garnis de chauds, d’odeurs de cuisiné…
en haut la jeune femme en bas résille à talons aiguilles aiguisées qui rayent le parquet, sous la pression bien amicale de la patte de velours qui cherche par-dessus tout, bien dessous la jupe ce qui dévoile à la fillette comment tient cette histoire de porte-jarretelles, lui là-haut lui fait tout un échange de blabla et dessous la fillette s’aperçoit du manège, résonne sur le creux de ses mots, au-dessus de ces considérations la demoiselle bien malgré elle, gobe ce discours qui la prend de haut en bas, qui la prends de cour, effréné, passionné… ?, - non même pas, ce ne sont que quelques allusions, quelques désillusions qui tourneront courts lorsqu’il aura pris sa part de mal par son sourire en lacets autour du cou de la pauvre fille, pendue à ses lèvres, qui attend un rêve une illusion qui en vaudrait la peine de ce doux châtiment.
Au-dessus le monsieur aux lacets défaits en bas par l’espièglerie qui s’attache délicatement à réaliser un coup bas, en haut il ne le sait pas, il le découvrira à ces dépends, en fonction de la situation debout qu’il prendra d’un coup à mettre par terre, pas du tout pendu au cou de la belle, victime du coup de la petite, en dessous, et de son mauvais coup dont il comprendra trop tard l’origine de sa défaite, quand tout à coup de tout son long tout sera fichu par terre, avec son beau discours plein de noix, de queue de cerises, de force des choses sensées, tout une péroraison qui ferait fuir n’importe quelle jeune fille un peu sensée ; … au-dessus donc le monsieur tu parles, rien que du vide, tu parles, tu parles avait la parole baladeuse qu’il ne tenait pas, décorée des sourires forcés, des pensées vous voyez à quoi je veux en venir et tout de suite… et la petite ?… et pourquoi pas la petite, votre petite est si mignonne, tu parles d’une affaire, tu parles de ta petite à faire, qui te préoccupe tant, au-dessus donc tu parles, tu parles le monsieur s’égosille, se gargarise du feu nourri de sa conversation, des mêlées de phrases creuses insignifiantes qui raniment sa flamme passionnelle, son désir compulsionnel et dessous, la petite accroupie lui fait croire que la pointe de l’escarpin italien lui fait du gringue, tu parles… posant sur la cheville poilue et sans aucune retenue, l’une des petites dents d’une fourchette qui par pression continue enfonce le mal du monsieur tu parles… qui se retient là-haut de crier, le monsieur, tu parles… qui ne sait plus distinguer dans cet instant qui on le sait lui sera fatal (bien obliger de se lever dans quelques secondes, les chaussures nouées l’une à l’autre, le déséquilibre hormonal, sentimental et physique tout prêt à opérer, à extraire d’un coup de son bistouri rouillé le charmes - tu parles - du monsieur qui n’a jamais opéré), vraiment il ne sait plus le monsieur, tu parles d’un monsieur distingué… - tu parles, tu parles - où en est-il entre son petit mâle douloureux qui le tenaille dessous ses atours endimanchés, parfumés tenaces à la gorge que s’en étouffe l’atmosphère qui depuis le début tu parles s’est sauvée, elle, de la pièce, vraiment il ne sait plus le monsieur tu parles, il hésite encore entre son corps perclus en bas d’une douleur atroce qui lui pointe et le plaisir qu’il aurait tu parles et tu parles encore ma belle ma mie ma future, tu parles se leva d’un coup, trop mâle, chuta tu parles, lourdement sur sa tête, mourut sur le coup, tu parles de mourir d’amour pour elle, quelle belle mort t’attribuas-tu d’un coup sur le cou. On préféra laisser tomber, et se restaurer ailleurs, tu parles d’un malheur !…
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Commentaires