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Texte libre

Mardi 15 mai 2007

capucine-bottom-right-brun.jpg.png La capucine c’est une si belle fleur qu’elle danse en été qu’elle décore alors le maillot de bain, qu’elle est si grêle qu’il l’enlève d’un coup de vent, bah! tient l’été c’est un si malin qu’il fait retirer à la petite le bikini, si frêle, qu’il frôle de rayon d’or et l’a chauffée de secrets si brûlants qu’il en garde des marques, s’il n’y prend garde il finira en enfer surchauffé, la cave humide de sueur où paraît-il des anges déchus du paradis brûlent celles qui dansent en été.

La capucine, c’est une fleur qu’elle tremble ses couleurs bourdonnantes d’une abeille, qu’elle danse, qu’elle butine, qu’elle vole du miel, mutine, que de ses lèvres à la gamine en dégoulinent, croquant, emmiellée, une tartine .

L’été fait exprès des après-midi secs chargés d’un soleil lourd de sieste empesée de sueur sous son drap bleu de flamme si intense que c’est elle qui brûle les ailes de mes anges comme alors se plaignait le seigneur – mon dieu, mon dieu – disait le peu de monde aventuré dans les parages –quelle chaleur, quelle chaleur ! – montait des profondeurs, infernale, insupportable, infréquentable pour la petite toute nue qui s’endort à l’ombre ténue d’un charme sauvage, ayant sous sa tête en rêve le maillot trempé – je m’ai baigné ; vous dirait l’endormie - roulé boule de tissus qui fait l’oreiller, et dont l’humidité parfumée capucine s’élève vapeur enlevée par l’onde de chaleur, elle remonte en caresses le long des profondes cannelures du tronc qui, semble-t-il, se creusent dans d’étranges vibrations… ou est-ce l’effet de ce souffle d’air qui se glissa dans le sombre profond des cheveux de la petite, et qui rejoins un peu plus haut dans la ramure l’eau gazeuse, chargé des odeurs féminines, échevelées, le petit air… Dansons la capucine, dansons…, chantonne-t-on quand un souffle subtil de féminin s’unit à la fragrance capucine de maillot de bain, dansons gazouillent-ils avant de se muer miraculeux mirage, dansons la capucine…

De l’ardente braise d’une petite formée entendons-nous la chanson, dansons la capucine se dissémine dans le feuillage qui fait le charme de l’arbre, toujours ombrageux et bien fourni, même si aujourd’hui, la lumière est telle qu’elle à son pied, extrême, intense brûlure de l’âme…

Dansons la capucine, voyons ces deux parfums exaltés qui s’enlacent dans une ronde effrontée…

Dansons la capucine se murmurait dans les frondaisons, dansons allait d’une branche à une autre dans un bruissement tendre, fragile qu’il en craqua une brindille qui ne supporta pas le poids de cet amour la. Depuis quelque temps, celle-ci, accrochée comme une malade à la branche, séchait, un problème de sève qui ne parvient plus, une maladie cachée, à demain pour elle signifie ce qu’elle ne désire pas connaître, et d’être aux parfums le reposoir la fit craquer, elle ne sut plus quoi faire, bêtement décrocha et fut bien désemparée dans un étrange état dont la propriété est d’être entre deux, elle s’en ficha de son morne désespoir, elle laissait tomber.

Pourtant la branche où elle était lui suffisait, elle ne désirait pas tant changer d’emploi et malgré les difficultés elle s’était jusque-là accrochée. Mais depuis ce jour où elle avait demandé une augmentation, tout allait de travers. Premièrement l’agrandissement lui fut refusé sans aucune justification, deuxièmement on lui coupa les vivres en lui faisant bien comprendre qu’elle était un poids inutile à la société anonyme, troisièmement on la chargea de ces deux-la, ce qui précipita sa chute sur le nez de la gamine. Brindille atterrit atterrée me voilà au chômage, avec sur le dos des personnes à charge, des dansons la capucine, la vie se disait-elle ne l’aurait pas épargné. Elle n’avait donc plus rien et bientôt à sec et ces deux-la sur le dos qui ne savent que danser, s’amuser, bons à rien faire que de se prélasser. Pas de main secourable ou de lendemain qui chante, voilà que l’on se saisit d’elle et qu’on la rejette, ci gît la brindille qui attend sa fin, en vain….

 

Par AronMoysche - Publié dans : Fatos et l'éros
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Samedi 12 mai 2007


col-vert-1.jpg

Près du lac
, est une étendue, une dont le dos est porté par le sol ; la partition est des plus divines, le refrain des plus délicieux : une petite fille bronzait, sur la berge herbeuse, allongée sur cette couche moelleuse d’un vert bien tendre, les pieds dans l’eau. Un canard, un gros et tonitruant vint à distraire cette douce symphonie qui de dépit artistique, de passion romantique alla sur le sommet d’un rocher où elle pensa bien à se suicider car pour elle tout tombait à l’eau, tout ce qu’elle considérait comme beau étant gâché, raturé, et ses justes notes, et sa belle harmonie, et ses parfaits accords qui eussent si justement sonnés ainsi que le font les vers des poètes renommés, tout cela réduit à néant par le couac, se disait-elle, de cet impromptu au col vert sorti de son bain de l’après-midi se dirigeait vers le coin de la belle endormie en se dandinant comme tous les gars qui sont du coin, portant fièrement sa tête vers le ciel, comme ceux qui sont du coin, revendiquant ainsi qu’il était bien le plus beau du coin, il continuait de cette manière, jugée monstrueusement déplacée, à s’approcher du prélude intitulé la fillette allongée sur la berge et respecta alors une pause en frétillant du postérieur, ce qui fit bien rire, celle, sur le haut du rocher d’où finalement elle n’osait pas plongé vers les eaux noires perfides, profondes, putrides, pestilentielles, parasitées, putréfiée et puis quoi encore aurait-elle dit s’il n’y eût ce silence à respecter ou qu’une mouche volât, qu’elle s’envolât, qu’elle frisât les vaguelettes frisottantes, qu’elle frôlât la mort incarnée par la bouche de ce poisson qui aurait bondi, qu’elle aurait d’un coup d’aile assommé de sorte qu’il eût sombré mélancolique, dépressif, puis touchant le fond, disant à qui voulût l’entendre qu’une mouche l’avait piqué et que depuis il ne se remettait plus, tout au moins hors de l’eau, que cet insecte aux noirs pilosités rasant le perfide, le profond, le putride, le pestilentielle, le parasité, le putréfié, fût pris la main dans le sac sur une toile d’araignée affamée, le croquant tout de go sans se soucier de la générosité qu’il eût à donner et sa vie et son corps et le silence qui aurait alors été digéré dans les entrailles de cette bête immonde, oublié le silence, terminé le silence, à qui alors porter des réclamations, des récriminations avec des pleurs, des gesticulations, ce qu’aurait fait la mouche pour se défendre en cassation si déjà elle n’eut été dans le perfide, le profond, le pestilentielle… que c’est une honte de traiter les gens comme ça, sans même le recours à un bon avocat…


Qu’une mouche volât et s’en était finit du silence, or celle-ci vint à passer, et malgré sa discrétion la plus extrême, son accoutrement tout en déguenillés, dégueulasses pensa la petite allongée qui la vit du coin de l’œil, et avec ça le plus vil des parfums, le plus hideux et noir des maquillages, elle avait, sale mouche, dû tomber dans le mascara, ce qui lui dressait les poils et qui la rendait bien malgré elle, grosse, grasse, huileuse tout à fait aux goûts du canard qui à force de dandinement et d’une conversation à sens unique qui tournait autour de son coin, qui vantait qu’il était, dans le coin, le seul phénix, qu’il avait le coin le plus et cætera… avait éveillé des soupçons de la petite réveillée par le couac du gars du coin : Cette mouche pleine d’attrait, de merveille, de promesse qui faisait sa timide, attisa les sens de celui qui était du coin, dont celui de la passion amoureuse, notre dandy du coin, qui par obligation vous abandonnait ma chère amie, car je dois à la comtesse faire mes hommages, je reviens de suite dans le coin te fait pas de bile chérie, ça chez le canard il y a toujours quelque part un coin ou ça fait couac, donc dans un coin, on ne sut pas quelle mouche lui prit, il parlait seul de son coin de paradis, il disait que le coin est super chérie que t’es bien roulée tu sais, le coin du canard tient beaucoup du traquenard, et pour le moins tu me plais et si tu reviens dans le coin je te ferai voir du pays, cependant quelque témoin de la scène moucharda, depuis un recoin, sans doute un bout d’herbe qui à l’oreille de la fillette, rendormie, cauchemarda qu’une bestiole dans le conduit auditif rentrât sans sauf conduit, le brin vert réveilla donc la petite qui cria au loup que tous cherchèrent ou là ou là ou là et notre canard de surprise, d’attaque cardiaque en lâchât sa prise, sur laquelle il avait fait mouche, faisant semblant d’avoir la tête ailleurs, d’en parler seul à seul, et notre insecte, du coin, vrombissant à toute vitesse, sortit, jurant à tue-tête que jamais il ne reviendrait dans le coin, même dans le besoin, que c’était ce coin que de mauvais boyaux, des voyous même tous les gars du coin fit notre ex comtesse courroucée, qui encore vibrante de colère alla à celle qui l’avait délivrée donner des bises, bises, et quitta noir de haine le théâtre où s’était jouée cette divine comédie dell’arte, où tout fini bien, qui a bien failli mal tourner ! La petite ? au sommeil retournée, a sur son ventre…

 

 

Par AronMoysche - Publié dans : Fatos et les bestioles
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Vendredi 11 mai 2007

IX Mai

 

 

 

Le petit pont de bois n’avait jamais, jamais traversé aucune rivière. De son garde-corps, la vue ne donnait sur aucun précipice, ses cordages devenus lisses servaient à ne faire que des grappes d’enfants la tête toute retournée, les cheveux pendant, la jupe sur la tête, la culotte à l’air, blanche, la tête retournée, le pantalon retroussé aux chevilles du garde du corps surveillant sa nouvelle chérie qui lui demande de bien regarder quand elle s’en balance les fesses à l’air, quand elle insiste de bien la voir, elle, elle tache blanche, elle seule doit compter, un, deux, les cheveux longs frisant le sol, jusqu’à cent, regarde-moi bien sous l’arche du pont haute de vingt centimètres, pour toi je sais compter…, mais quand le sang vint à la tête car elle avait, têtue, décidé d’aller plus loin que cent, cent avait-elle dit, le visage blanchi, le désordre dans ses cheveux, l’envers du décor bien apparent avec les jambes tombantes ou qu’elle écartait, regarde-moi bien je fais de la danse, cent n’est pas assez insensé, cent est sans aucune difficulté ma tête ne me tourne pas assez et toi tu te retournes bien trop souvent tandis que je désire sur moi le plus grand de tes regards troublés sans que tu puisses avoir le moindre repère, sans moi ce n’est pas assez que de te perdre, désormais ne saches plus que moi qui suis désormais ta fée folle tout à fait qui te fait miroiter les dessous soupçonnés, ma culotte tu le sais, mais cela serait culotté, ma culotte, imagine que cette affaire te sois retirée, cela t’angoisse et à la fois, ce fait te fait, de la part d’une fée folle tout à fait, beaucoup d’effet, sur ces entrefaites, des troubles lui vinrent à la tête…, elle appela, demanda qu’on la secourût que mon garde du corps désormais s’occupe de moi s’appliqua-t-elle à prononcer avant que de défaillir, ce que savent faire, dans tous les livres, les princesses abandonnées au charme, au mauvais sortilège d’une sorcière qui voulu être la plus belle et vous avait pendu par les pieds cette demoiselle dévergondée, déjà coquine, car elle feignait évidemment cet évanouissement où elle tomba dans les bras de son prince charmant sans aucun recours au hasard, elle ne resterait pas endormi là encore cent ans sans baiser qui ne serait par le bouche-à-bouche de son sauveur tarder. Mais les yeux fermés, la tête prise par ce malaise qui vous retourne les sens, elle trouvait que cela tardait, si bien que la moutarde lui montât au nez, et toujours les yeux clos, elle tâtonna de ses doigts son amoureux, repéra les cheveux courts, couru au plus pressé en l’embrassant si fortement qu’il en tâtât de ce qui l’entêta jusqu’au soir ce premier baiser il en tétait encore au petit matin suivant comme saoul, comme étant fol, commettant discours de folie amoureuse, danse sans garde-fou qui lui fit finalement franchir le petit pont de bois qui comme l’histoire se répète il était une fois, en fait jamais, jamais ce pont ne franchît nulle rivière, pas même quelque écoulement formé par la pluie, ce pont ne menait nul part, au mieux, ailleurs au pays des folies où les fillettes amoureuses renversent tout, et ainsi font, font comme les marionnettes passer d’un état bien établi à cet autre, de l’autre coté du pont, vers les soupirs, où cet amoureux fond, fond, d’amour profond, car de garde du corps il fut transformé pour longtemps en quoi, en quoi on ne le saura…

 

 

 

Par AronMoysche - Publié dans : Fatos et l'éros
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Jeudi 10 mai 2007

Le bruit assourdissant de l’aspirateur a pour le moment été coincé dans le salon, tôt ou tard il passera la porte, et dans un grondement terrible de succion avale poussière gobe l’air, ne vous laisse aucune liberté pauvre rassemblement de moutons réfugiés dans un coin que vous pensiez tranquille, loin des exécutions, loin des hostilités, mais jamais le temps de respirer, sa bouche vous arrive dessus comme un vrombissement d’avion à réaction, et ça c’est terminé au fond d’un sac, dans l’obscurité et sur le sol ne reste que l’implacable impeccable, le sentiment du travail bien fait qui exulte dans la pensée de la fillette qui pousse son engin à faire disparaître, qui le pousse dans les derniers retranchements où auraient pu se réfugier les saletés.

Mais la petite qui conduit l’engin ne saurait laisser le droit d’asile à la moindre particule, et qu’il s’agisse même de ce qu’elle ne saurait nommer, elle agit toujours de même : retire balai brosse, genoux à terre, approche le tuyau nu et son diamètre hurleur, avale poussière, mange-la qu’elle disparaisse, qu’elle n’ait pas le temps de crier gare, classe-la dans ta collection de crasses au fond de l’estomac.

Mais à la petite ce maigre repas ne suffit pas, son ventre creux d’une douleur affreuse réclame… Ce qu’elle désire désormais c’est qu’elle soit ingérée à son tour, seulement quand elle colle la main sur le tuyau le diamètre trop petit étouffe son cri. Désappointée par un tel comportement, la petite rage furie et continue implacablement d’appliquer sa pogne qui l’étouffe lentement mais sûrement, il hoquette et sous son capot en plastic il commence à fumer, il sent une odeur de brûlé et d’un seul coup arrêt cardiaque, un claquement qui provient du disjoncteur et c’est le noir, comme si elle venait enfin d’être avalée. Allongée près du cadavre domestique, Fatos jubile de ne plus se voir et puis se chagrine de recevoir une franche et bonne correction.

Dit-on « qu’avait-elle en ce moment », ne pouvait-elle prêter un peu d’intention, n’était-elle pas l’aînée, pourquoi s’entêtait-elle à ne faire que bêtises sur bêtises, elle irait donc au lit, on fermerait la porte de la chambre, « c’était la sanction » dit-on ne la verrait pas de la journée, elle était bel et bien punie.

Elle était belle se dit-elle dans sa chambre qu’elle avait plongée dans l’obscurité refusant tout net les bienfaits de la fée électricité qui avait ce jour là fait pas mal d’étincelles. Les volets, sur la fenêtre abattus, obturaient la vue vertige afin que l’obscurité fut belle et bien proche de la perfection, seul un traître trait lumineux la maltraitait, la laissait s’entrevoir, telle qu’elle était.

Elle voulut s’en débarrasser, et s’armant de son oreiller le menaça de disparaître, il resta immobile innocent pensant qu’elle n’avait aucun mobile pour le trucider, c’était sans conter sur l’humeur du moment qui partageait sa vie en trop de petite partie, en trop de choses qui s’en allaient et qui révélaient en elle des fractures bien difficiles à ressouder.

Le rayon était immobile insouciant, l’oreiller avait gagné en mobilité, il frappa, frappait ce qui avait été frappé de stupeur qu’on puisse venir à partir de si pauvres arguments l’assommer en finir avec lui, mais il ne bougeait pas pour autant. Elle le somma de déguerpir, il jouait à sautiller parmi les petits poils semés sur ses mollets. Le rayon fut victorieux, il n’y avait rien eu de sanguinolent dans cette bataille perdue contre la lumière, il rayonnait en maître des lieux ! Elle s’était enfouie la tête sous l’oreiller sanglotant, si fort qu’elle alerta maman. Cette dernière était inquiète de la tournure si triste des événements dont les échos lugubres d’une bataille lointaine s’échappaient en petits paquets pleurnichards par le jour sous la porte, il faisait déjà nuit et son mari, dans la journée, pendant l’absence des enfants, avait réparé l’engin par lequel tout avait commencé. Elle pénétra dans l’antre de sa fille sans obtenir la permission d’y entrer, elle n’avait reçu en réponses à ses petits frappements sur la porte que des petits non dis d’une voix faible et tremblante accompagnée de reniflements. La maman s’assit sur le lit superposé au bord de sa fille et se consola de savoir qu’elle était encore là, elle lui fit part que l’incident était clos, l’aspirateur étant remis de son accident, sa grande fille pouvait reparaître, et si elle était un peu affamée se repaître dans la cuisine de bonnes choses qu’elle aimait lui faire à sa grande fille qu’elle avouait enfin belle et bien aimer.

 

Par AronMoysche - Publié dans : Fatos
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Samedi 5 mai 2007

Dans la chambre, samedi je crois, c’est mon papa qui l’a posé le lit superposé, adossé au mur en face de la fenêtre entr’ouverte qu’un courant d’air passe, comme s’il pouvait voir, dehors, la chute vertige le lit superposé ça le regarde peut-être et pourquoi pas.

C’est papa qui l’a fixé le lit superposé pour qu’il ne bouge pas.

S’il suppose que je vais me retourner pour que je le voie faire ci ou ça sur le lit superposé ou se couper du monde ou autre chose ou même je ne sais pas ce qu’il a mon petit frère à me garder et me regarder quand le monsieur Alain vient donner la leçon ou des choses comme ça qu’il ne comprend pas, allongé en bas du lit superposé où d’habitude nue ma sœur la nuit est endormie trop fatiguée d’avoir attendu toute la journée que le soleil ait bien voulu enfin se coucher.

Mon petit frère posé dans le bas du lit superposé s’opposerait à ce que je vienne l’embrasser ou le chatouiller où je ne sais pas, jamais mes doigts n’ont réussi à le faire bien rire et gigoter comme ma petite sœur qui la nuit enlève tout ce qu’elle a dessus, et moi qui suis la plus vieille je viens dans le noir d’au-dessus d’elle la toucher et remettre afin qu’elle ne prenne pas froid voleuse de courant d’air, le drap, délicatement comme ça, c’est bien difficile à exprimer la douceur, la tendresse et l’amour que j’ai eu quand elle dormait nue et qu’elle me rappelle mon moi de quand je suis aussi si petite que ça alors, dans ces nuits-là je l’endorme d’une chanson, et je pose sur elle dans le lit superposé comme les fleurs d’un baiser sur son front un peu chaud peut-être et pourquoi pas enfiévré, c’est comme l’été et dehors brillent des lumières, clignotantes dans les étoiles un avion qui passe bien au-dessus de tout ça, comme s’il s’en fichait de moi qui longtemps le poursuis du regard, qui se souvient de sa course dans les constellations en face en dehors de la chute par la fenêtre vers les ténèbres même pas vraies que s’en est une consternation toujours quelqu’un pour broyer du noir moi je suis l’avion qui laisse dans son sillage une impression de déjà vue, la nuit dernière, derrière le cauchemar.

J’étais au-dessus lit superposé, ma petite sœur dessous vient de tourbillonner asticot, et moi je ne savais pas où aller dormir quel rêve faut-il choisir, j’attendais que l’avion m’emmenât, j’attendais, je serais la première passagère.

Bonsoir monsieur l’avion dit-elle, comme j’adore me raconter cette histoire se rêve-elle et ce que dit d’elle l’avion, une sorte de clignotement dans les ailes que nous n’avions pas dans l’immédiat saisi, de sorte que l’on en redemandât et qu’on choisit un messager digne de moi princesse se disait d’elle la fillette. Elle descendit du dessus du lit superposé, abandonna sur le perchoir la chimère qu’elle avait d’elle son héroïne des rêves, et écrivit puisqu’elle en était mandatée pour elle une missive aux cent fautes pleine de confusions qu’il serait bien complexe de donner ici et qui s’en faute fut confiée à l’extérieur, messager des lettres perdues dans les airs, qui irait au-dessus rejoindre les limbes le clignotement vert rouge dehors l’air comme un été et à une place assise son imagination, on viendrait la chercher pour s’envoler lui répondrait l’avion…

Elle celle qui imagine et celle qui est son personnage se disaient avions-nous bien entendu que pour s’envoyer dans les airs, il fallait pour être légère, pour être nue, balancer vers le vide une nuit, cette habit clair nuisette constellée de taches chocolatées provenant d’un bol que le matin d’avant tout ça elle s’était ou elles s’étaient renversées dessus, elle ou elles ne s’en souvenaient plus et puis à quoi bon tout cela était tombé dans les oubliettes de toute façon il s’agissait de disparaître d’être autre chose que l’état de fillette, de passer une sorte de frontière…

Elles se disent que cet avion les prendrait de façon étrange ou brutale ou mortes peut-être et pourquoi pas mais peu importe, elles s’envoleraient en Turquie, elles seraient passagères clandestines à son bord et ça les démangerait…

Alors comme elles seraient avalées dans son corps, entre les deux ailes, elles seraient au bout d’un grand moment, moment, moment clignoteraient-elles tristement, rouge, vert, maman, maman, maman penserait-elle à elles ?

Au-dessus de tout soupçon, la chambre plongée dans les scintillements comme d’un été, étouffe ignoblement de vagues chuchotements, un appel qui s’écrase et qui s’enfonce la tête dans l’oreiller ou le sable et qu’elle soit enterrée se disait-elle maman, maman ?

Depuis la chambre des parents, une inquiétude vient d’arriver, elle a le pas léger, elle s’introduit lourdement en se cognant dans un des angles, elle avance vers un cauchemar espère-t-elle, vers au-dessus de sa petite fille, la plus petite qui s’en balance de ce qui est au-dessus et qui montre son petit sexe béance ouverte qui a vite fait d’être recouverte, la maman n’aime pas ce genre de découverte et encore moins sa grande fille qui pour d’étranges motivations est toute nue elle aussi, en pleure, accroupie, parce que ça saigne là maintenant, l’avion nous était mis en cause, avions-nous fait quelque chose de si mal, parce que maman çà fait un moment, moment que ça clignote rouge, rouge douloureux et que je n’ai pas envie d’être comme ça, et que je préférerais…

Au loin l’avion, ses clignotements vert, vert laissaient place au plus noir désespoir et ne l’emmènerait pas, et surtout pas dans un état comme ça, elle s’était dit qu’il préférait emmener celle qui en dessous n’avait plus de dessus, celle dont l’ouverture était bien rose, celle qui n’était pas poilue comme elle, celle qui ne saignait toujours pas, et que ça fait un bon moment, moment que ça dure et de pleurer vu qu’il ne reste plus que ça, comme si sa mère ne tenait pas, non tu tiens pas à moi dirait-elle, comme si elle venait maman, maman maintenant de s’envoler, comme elle préférerait se manger plutôt que d’avoir froid, comme elle ne s’attendait plus à ce que maman après un bon moment, un très mauvais moment, très, très mauvais croyez-moi se disaient-elles qu’on se mangerait à deux ça irait plus vite, elles n’attendaient plus que maman soit là, soit la maman et comme j’ai froid avec des sueurs et dessous ma sœur par les bruits bourrés d’inquiétudes vient de sortir nue de son lit et nous demande ce qu’elle a sa sœur, sa sœur toute nue elle aussi a trop chaud sourit-elle en allant tout de go regagner sa quiétude et son doux rêve de lapin comme je tiens à te caresser.

Maman est blanche, revenante salle de bain éponge gant parfumé tiède sur mon pubis comme le dit mon frère, ça fait moins cette douleur quand maman enfin est bien là, et puis elle me dit de ne pas me mettre dans cet état, que cela est fort naturel, qu’il ne faut pas me dire des choses ou imaginer ce que pourrait être le pire

C’est qu’après un long moment maman que tu ne sois toujours pas là, pour moi qui se vide, comme au bord de la fenêtre cette même chute qui m’enivre, maman tu m’embrasses un peu bizarrement, et maman tu me quittes et me dis que l’amie va me tenir compagnie parce que papa est fatigué d’avoir posé le lit superposé…

En tout cas maman n’est pas là dit son amie qui reste la semaine ici, on vient de déménager ma petite sœur qui dormait dessous et qui continue ses rêves dans la chambre d’amie et l’amie en question me parle de douceurs, m’enlace si bien que je m’ennuie si bien qu’elle pense comme j’ai l’air ou plutôt que je n’ai pas l’air dans mon état normal car elle vient de déclarer que femme je suis…

Au cours de toutes ces nuits passées ensembles en imaginaire n’avions-nous donc rien compris, il nous semblait pourtant être fille, princesse à prince charmant…

L’amie eut un sourire, un contentement énorme de m’avoir fait la grande révélation, son sourire quitta un trop court instant mon visage et revint rouge à lèvre carmin…

C’était pour moi et aussi le parfum fraise aux lèvres charnues quand elle me cajola d’un gant tiède mon pubis endolori et ce mal au ventre crampe d’estomac un cachet ma chérie me dit rouge sourire, avale et ça ira, son baiser chaud violent, et ses mains sur ma poitrine et la mienne violente gifle, et l’autre qu’elle ne parvient pas à saisir pour m’empêcher de me débattre arracher le sourire, ça ripe et la battre et accrocher toute la violence dans les cheveux et les tirer jusqu’à ce que j’en arrache ou que j’en pleure ou que jean qui rit, je ris sans que j’en sache quoi que ce soit car l’amie nous a trouvés au-delà de la douleur, j’en suis si confuse que j’en ai marre et que j’aimerais être mon frère j’en serai fière et avec ses milles gardes du corps j’en serai délivré, d’elle, qu’elle disparaisse

Par AronMoysche - Publié dans : Fatos
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