Dans la chambre, samedi je crois, c’est mon papa qui l’a posé le lit superposé,
adossé au mur en face de la fenêtre entr’ouverte qu’un courant d’air passe, comme s’il pouvait voir, dehors, la chute vertige le lit superposé ça le regarde peut-être et pourquoi pas.
C’est papa qui l’a fixé le lit superposé pour qu’il ne bouge pas.
S’il suppose que je vais me retourner pour que je le voie faire ci ou ça sur le lit superposé ou se couper du monde ou autre chose ou même je ne
sais pas ce qu’il a mon petit frère à me garder et me regarder quand le monsieur Alain vient donner la leçon ou des choses comme ça qu’il ne comprend pas, allongé en bas du lit superposé où
d’habitude nue ma sœur la nuit est endormie trop fatiguée d’avoir attendu toute la journée que le soleil ait bien voulu enfin se coucher.
Mon petit frère posé dans le bas du lit superposé s’opposerait à ce que je vienne l’embrasser ou le chatouiller où je ne sais pas, jamais mes
doigts n’ont réussi à le faire bien rire et gigoter comme ma petite sœur qui la nuit enlève tout ce qu’elle a dessus, et moi qui suis la plus vieille je viens dans le noir d’au-dessus d’elle la
toucher et remettre afin qu’elle ne prenne pas froid voleuse de courant d’air, le drap, délicatement comme ça, c’est bien difficile à exprimer la douceur, la tendresse et l’amour que j’ai eu
quand elle dormait nue et qu’elle me rappelle mon moi de quand je suis aussi si petite que ça alors, dans ces nuits-là je l’endorme d’une chanson, et je pose sur elle dans le lit superposé comme
les fleurs d’un baiser sur son front un peu chaud peut-être et pourquoi pas enfiévré, c’est comme l’été et dehors brillent des lumières, clignotantes dans les étoiles un avion qui passe bien
au-dessus de tout ça, comme s’il s’en fichait de moi qui longtemps le poursuis du regard, qui se souvient de sa course dans les constellations en face en dehors de la chute par la fenêtre vers
les ténèbres même pas vraies que s’en est une consternation toujours quelqu’un pour broyer du noir moi je suis l’avion qui laisse dans son sillage une impression de déjà vue, la nuit dernière,
derrière le cauchemar.
J’étais au-dessus lit superposé, ma petite sœur dessous vient de tourbillonner asticot, et moi je ne savais pas où aller dormir quel rêve faut-il
choisir, j’attendais que l’avion m’emmenât, j’attendais, je serais la première passagère.
Bonsoir monsieur l’avion dit-elle, comme j’adore me raconter cette histoire se rêve-elle et ce que dit d’elle l’avion, une sorte de clignotement
dans les ailes que nous n’avions pas dans l’immédiat saisi, de sorte que l’on en redemandât et qu’on choisit un messager digne de moi princesse se disait d’elle la fillette. Elle descendit du
dessus du lit superposé, abandonna sur le perchoir la chimère qu’elle avait d’elle son héroïne des rêves, et écrivit puisqu’elle en était mandatée pour elle une missive aux cent fautes pleine de
confusions qu’il serait bien complexe de donner ici et qui s’en faute fut confiée à l’extérieur, messager des lettres perdues dans les airs, qui irait au-dessus rejoindre les limbes le
clignotement vert rouge dehors l’air comme un été et à une place assise son imagination, on viendrait la chercher pour s’envoler lui répondrait l’avion…
Elle celle qui imagine et celle qui est son personnage se disaient avions-nous bien entendu que pour s’envoyer dans les airs, il fallait pour être
légère, pour être nue, balancer vers le vide une nuit, cette habit clair nuisette constellée de taches chocolatées provenant d’un bol que le matin d’avant tout ça elle s’était ou elles s’étaient
renversées dessus, elle ou elles ne s’en souvenaient plus et puis à quoi bon tout cela était tombé dans les oubliettes de toute façon il s’agissait de disparaître d’être autre chose que l’état de
fillette, de passer une sorte de frontière…
Elles se disent que cet avion les prendrait de façon étrange ou brutale ou mortes peut-être et pourquoi pas mais peu importe, elles s’envoleraient
en Turquie, elles seraient passagères clandestines à son bord et ça les démangerait…
Alors comme elles seraient avalées dans son corps, entre les deux ailes, elles seraient au bout d’un grand moment, moment, moment
clignoteraient-elles tristement, rouge, vert, maman, maman, maman penserait-elle à elles ?
Au-dessus de tout soupçon, la chambre plongée dans les scintillements comme d’un été, étouffe ignoblement de vagues chuchotements, un appel qui
s’écrase et qui s’enfonce la tête dans l’oreiller ou le sable et qu’elle soit enterrée se disait-elle maman, maman ?
Depuis la chambre des parents, une inquiétude vient d’arriver, elle a le pas léger, elle s’introduit lourdement en se cognant dans un des angles,
elle avance vers un cauchemar espère-t-elle, vers au-dessus de sa petite fille, la plus petite qui s’en balance de ce qui est au-dessus et qui montre son petit sexe béance ouverte qui a vite fait
d’être recouverte, la maman n’aime pas ce genre de découverte et encore moins sa grande fille qui pour d’étranges motivations est toute nue elle aussi, en pleure, accroupie, parce que ça saigne
là maintenant, l’avion nous était mis en cause, avions-nous fait quelque chose de si mal, parce que maman çà fait un moment, moment que ça clignote rouge, rouge douloureux et que je n’ai pas
envie d’être comme ça, et que je préférerais…
Au loin l’avion, ses clignotements vert, vert laissaient place au plus noir désespoir et ne l’emmènerait pas, et surtout pas dans un état comme
ça, elle s’était dit qu’il préférait emmener celle qui en dessous n’avait plus de dessus, celle dont l’ouverture était bien rose, celle qui n’était pas poilue comme elle, celle qui ne saignait
toujours pas, et que ça fait un bon moment, moment que ça dure et de pleurer vu qu’il ne reste plus que ça, comme si sa mère ne tenait pas, non tu tiens pas à moi dirait-elle, comme si elle
venait maman, maman maintenant de s’envoler, comme elle préférerait se manger plutôt que d’avoir froid, comme elle ne s’attendait plus à ce que maman après un bon moment, un très mauvais moment,
très, très mauvais croyez-moi se disaient-elles qu’on se mangerait à deux ça irait plus vite, elles n’attendaient plus que maman soit là, soit la maman et comme j’ai froid avec des sueurs et
dessous ma sœur par les bruits bourrés d’inquiétudes vient de sortir nue de son lit et nous demande ce qu’elle a sa sœur, sa sœur toute nue elle aussi a trop chaud sourit-elle en allant tout de
go regagner sa quiétude et son doux rêve de lapin comme je tiens à te caresser.
Maman est blanche, revenante salle de bain éponge gant parfumé tiède sur mon pubis comme le dit mon frère, ça fait moins cette douleur quand maman
enfin est bien là, et puis elle me dit de ne pas me mettre dans cet état, que cela est fort naturel, qu’il ne faut pas me dire des choses ou imaginer ce que pourrait être le pire
C’est qu’après un long moment maman que tu ne sois toujours pas là, pour moi qui se vide, comme au bord de la fenêtre cette même chute qui
m’enivre, maman tu m’embrasses un peu bizarrement, et maman tu me quittes et me dis que l’amie va me tenir compagnie parce que papa est fatigué d’avoir posé le lit superposé…
En tout cas maman n’est pas là dit son amie qui reste la semaine ici, on vient de déménager ma petite sœur qui dormait dessous et qui continue ses
rêves dans la chambre d’amie et l’amie en question me parle de douceurs, m’enlace si bien que je m’ennuie si bien qu’elle pense comme j’ai l’air ou plutôt que je n’ai pas l’air dans mon état
normal car elle vient de déclarer que femme je suis…
Au cours de toutes ces nuits passées ensembles en imaginaire n’avions-nous donc rien compris, il nous semblait pourtant être fille, princesse à
prince charmant…
L’amie eut un sourire, un contentement énorme de m’avoir fait la grande révélation, son sourire quitta un trop court instant mon visage et revint
rouge à lèvre carmin…
C’était pour moi et aussi le parfum fraise aux lèvres charnues quand elle me cajola d’un gant tiède mon pubis endolori et ce mal au ventre crampe
d’estomac un cachet ma chérie me dit rouge sourire, avale et ça ira, son baiser chaud violent, et ses mains sur ma poitrine et la mienne violente gifle, et l’autre qu’elle ne parvient pas à
saisir pour m’empêcher de me débattre arracher le sourire, ça ripe et la battre et accrocher toute la violence dans les cheveux et les tirer jusqu’à ce que j’en arrache ou que j’en pleure ou que
jean qui rit, je ris sans que j’en sache quoi que ce soit car l’amie nous a trouvés au-delà de la douleur, j’en suis si confuse que j’en ai marre et que j’aimerais être mon frère j’en serai fière
et avec ses milles gardes du corps j’en serai délivré, d’elle, qu’elle disparaisse
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