Et de battre son cœur, et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
A la corde à sauter, la rythmique en son cœur accélère l’arythmie, aspire le reste d’air
Et de battre son cœur, et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
Par-dessus la corde, s’accélèrent les tout petits bonds par-dessus la corde, les tout petits rebonds par-dessus qui passent et repassent vite quand dans son corps vite
de battre son cœur et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
En son corps si fort si vite battre, battre, battre,
Battre son cœur n’a plus cessé
essoufflée, avec aux yeux les choses qui tressautent, la petite s’envole, se surprend dans de rapides rebondissements et n’entend en bourdonnement que les battements de son cœur
Et de battre son cœur, et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
et de battre, et de battre, et de battre cela cessa
lors d’une envolée, alors elle, au ciel, montait si lentement, ne respirait plus
Et de battre son cœur, et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
de battre, battre, battre son cœur au-delà de la cour d’école, au-delà de la vieille battisse, au-delà de ses copines, au-delà des rires qui ne sont plus qu’échos, au-delà de ce qui fait vite, vite, vite tourner vite, la corde, vite,
Et de battre son cœur, et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
évite la corde, par des sauts frénétiques, par des sauts qui se suivent vite, vite, vite, qui se bousculent et vite, vite, vite
de battre son cœur, et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
Elle, où est-elle, dans le bruit de son cœur qui tambourine ?
Et de battre son cœur, et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
Où dans l’air légère… à courir après nuage… un, deux, trois, soleil, c’est moi le chat…
de battre et de battre et de battre son cœur
le sang afflue aux joues, un grondement sourdre aux tempes où de battre et de battre
et de battre son cœur n’a plus cessé
elle s’échappe, au loin d’elle, si loin déjà, vers ce qui pourrait être le là-bas…
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
comme tapotent ces sauts d’enfant en bas, sur le goudronné de la cour, par-dessus le vite, vite, vite qui tournoie, qu’elle évite, le vite, vite, vite qui fouette, tape, claque la cour, et de la battre, la battre, la battre jusqu’à ce que l’épuisement la choque, la suffoque et qu’elle abandonne, épuisée, tournant court.
Et de battre son cœur, et de battre son cœur,
La sauteuse, où est-elle ?
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
Peut-être entre-deux, entre deux petites qui cadencent des claquements, entre deux, elle n’appartient pas à ce monde qui se trouve en bas ou à ce ciel qui l’attend,
Et de battre son cœur, et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
Au ciel, dans le silencieux, si elle s’y lance…
sortir de la cage, des vite, vite, vite que la corde, en fugitifs barreaux éphémères, figure comme une bulle verte, translucide, gonflée, qui ne laisse passer que des petits tremblements difformes,
Et de battre son cœur, et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
depuis qu’elle tape, tape, tape sur la réalité, qu’elle lui tape sur les nerfs, blessée elle n’a plus de bas, pas plus que de haut, elle n’a qu’un entre-deux lié par le verdâtre corde à sauter
Et de battre son cœur,
et de battre, battre, battre,
battre son cœur n’a plus cessé
de battre et de battre et de battre, par terre…
De qui était-elle prisonnière ? A quoi voulait-elle échapper ? Sans doute viendrait-on la délivrer…
Et de battre son cœur, et de battre son cœur,
A quoi fallait-il s’attendre ?
Et de battre, battre, battre,
Son cœur n’a plus cessé
L’avait-il confiné entre elle et elle, peau, membrane, invisible, insensible, l’attendre. Qu’avait-il fait l’attendre, il ne venait pas l’attendre, il ne dura pas l’attendre. Elle dut bien dégringoler et
De battre, battre, battre son cœur, le sol dur sous ses fesses endolories entre deux qui rient mais qui n’en peuvent plus de tourner toujours, le vite, vite, vite qui l’a retenu, enfermée…
Et de battre son cœur, et de battre son cœur…
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