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Lundi 11 février 2008
                                                   XII Août



Parmi les détritus
, les mornes emballages… morts des choses… se balancent monotone au vent petites fleurs safran pétales cœur soleil levant… dans l’herbe, grasse touffue petit coin de paradis, où s’était installée, samedi, une famille d’immigré abandonnant la peau d’une orange… où s’assirent, dimanche, en amoureux un couple heureux laissant au gré du vent d’emporter au hasard le sac à l’intérieur bien gras du restaurant aux repas à emporter… où vomit, cette nuit, atroce toutes ces tripes écœurantes, un clochard ramassé de justesse, au bord de son propre gouffre ignoblement sali, par la brigade aux plus démunis des sans abris, trois bras qui te tirent mon ami, une moue parce que l’odeur infecte comme un virus un cancer vous pourrie la vie…

Et lundi, promenade matinale du chien, à l’aube, par l’odeur alléchée d’un bout de mort à ronger comme un os, un parfum de charnier son territoire d’une demie-heure où il doit pisser et au besoin poser sa crotte grosse bien fumante dans la fraîcheur…

Le pissenlit se fiche de sa fleur, il n’a cure de ces aventures, il s’en balance mollement, tant mieux si elle se trouve en territoire dégoûtant, c’est qu’il y en a comme ça tout plein des pensées dans sa tête à pollen je sème à tout vent… sa sœur, il le sait ce qu’elle aime, il le sait c’est écœurant cette jalousie qui le pique, taraude et fasse de lui… rien, comme vide… ça le désespère… le poids plume d’une abeille qui sur elle s’est posé, ça le mène à désirer immédiat qu’elle vienne à le sucer… il en étend écarte violemment lointain ces poils boule blanche et quel appât !… un enfant le cueille juste au mauvais moment ;

Quand, exactement ça envahissait tout, cette façon d’imaginer, cette impression de se faire pomper par l’abeille son insecte préféré, besogneuse butineuse…

Et de cette bouche rose innocente sortit vent mauvais, un presse-purée qui le déchire, éclate sa pauvre tête, plus un poil pollen, tout nu la boule à z… Ce qu’il en reste, pauvre queue cueillie bien lisse c’est jeté, abandonné, oublié dans l’immondice trace de

clochard perdu

lundi pisse de chien éclat

d’amour miette de frites

dimanche mégot éteint à la va vite

samedi garçonnet qui voulait embrasser grand-mère, grand-mère… quand elle déposait…

-         « grand-mère, grand-mère »

quand elle entreposait en serviette en papier humide des larmes, quand elle avait parlé dialecte berbère du bled, caressé la tête du pissenlit, donné le pourquoi du fallait-il toujours partir : grand-père était là-bas… le temps de respirer, le temps d’avant que de pleurer inch-allah, là-bas et enterré…

-         « grand-mère, grand-mère » l’appelait doucement le garçonnet

grand-mère dont le doigt fouillait doucement le touffu, caressait tête blanche, confuse comme un souvenir, parmi les tristesses jetées dans l’herbe, mornes emballages d’existence diffuse… et le petit dernier, un regard des yeux noirs éclatant comme son grand-père, plein de malices, sans délicatesse et à quatre pattes cadença genoux mains genoux mains, avança tout gonflé de vent joufflu comme il sied aux bébés nourris à satiété, cueilli, souffla pissenlit, rit aigu puissant quand en milles brins s’envolèrent de grand-mère tous les malheurs !  

 

Par AronMoysche - Publié dans : Fatos
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