Sur un matelas les deux petites un peu lasses se prélassent. Sous le soleil au zénith elles rêvassent. Elles se racontent les secrets si bien gardés qu’ils sont trésors des fillettes, qu’ils brillent dans leurs yeux, gemmes translucides d’où scintillent brillants marrons, d’où chatoient des éclats vert qui sont par les cieux convoités.
Or, il était une fois richesses qu’elles ne les partageraient pas, à elles les beautés lumineuses, à elles les précieux moments éblouissant des enfants ;
et ces merveilles l’éclatant soleil les désirait ardemment, il avait, pour elles, cette fascination qu’éprouve les avaricieux, et de voir un photon malicieux en liberté, c’est un sujet qui le rendait malade… il ressentit en lui une grave avarie, sa coque comme percée, il eut l’impression que tout lui échappait dont le magot qui lui servait à briller en société, il fallait que cela cessât.
L’astre eut une courte réflexion, une brillante idée et pour cela, de ces hauts lieux, il dépêcha, en ambassade, le plus coloré de ses rayons qui de ses tons les plus majestueux irait flamboyer dans un long cheveu qu’une des fillettes, de sa queue de cheval, avait retiré afin d’en faire danser sur leurs visages l’ombre.
Que cette mission, par sa majesté édictée, fut ressentie comme un véritable enfer pour le petit plénipotentiaire qui tombait de haut… il avait eu pour l’avenir bien d’autres espérances, mais qu’en faire désormais, lui qui avait longuement étudié en des universités savantes, lui qui en avait appris un rayon sur nombre de théories et n’avait que l’envie de savoir, de porter en haut lieu la connaissance, il aurait embrassé la carrière de chercheur et non pas, comme lui avait demandé son maître, deux petits bouts de femmes pour leur arracher des secrets que tous savaient justement bien gardés.
Aussi avait-il protesté longuement dans un silence qui en dit long, mais qui malheureusement ne fut pas entendu. Et de par son faible caractère il n’avait pas réussi, il s’était résigné à laisser s’échapper une remarque qui alla tout droit à son monarque, il avait bafouillé, marmonné en substance qu’il ne voulait surtout pas avoir la connaissance de fillettes espiègles, ce à quoi le roi rétorqua qu’il fallait à son sujet étendre son savoir au moins jusqu’en bas, attendu que les hautes sphères fussent déjà l’objet d’énormes recherches, d’investissements extravagants c’est désespérant mon dieu ne se plaignait-il pas encore et toujours à sa majesté qu’ils n’eussent ni trouvé les portes du paradis et encore moins où pouvait habiter s’abriter mon dieu se lamentait-il les clés qui les eussent ouvertes.
Dans sa chute, à un train d’enfer, le parlementaire récemment nommé, réfléchissait, comment aborder la question sur laquelle inéluctablement il allait tomber, comment faire savoir qu’il se trouverait là sous leurs yeux, comment leur faire miroiter l’extraordinaire qu’elles échangeraient alors contre quoi, un ou deux petits trésors de rien du tout, ainsi tombait-il lorsqu’il comprit que sa vie ne tenait qu’à un fil car son maître l’avait envoyé dans un vide bien connu.
Il laissa ses réflexions pour parer au plus pressé, de ralentir sa vitesse qui est malheureusement une constante releva de l’impossible, il ne lui restait qu’à changer de milieu et visa le cheveux qui lui refusa tout net tout visa, toute entrée aussi haut placé qu’il fût, d’aussi loin qu’il fût venu rien ne lui était autorisé, ainsi précipita-t-il sa chute…
Notre rayon en demeura tout interdit, dut improviser, trouver une meilleure chute à cette histoire qui si elle continuait ainsi finirait vraiment très mal, ce que refusa, sachant l’inéluctable le petit savant qui ne savait plus trop quoi faire quand un déchet de coiffeur peu aimable, une espèce de minable que pour rien au monde on ne dédouanerait vous refuse l’entrée, vous chasse aux portes de la gloire, quoi faire ?
Quoi faire, abandonner la mission, aller en prison, quoi faire et que faire de sa méconnaissance qui était pour lui un tel déshonneur de sorte que cette disposition d’esprit lui fît prendre une toute autre direction, à l’instant même où l’une des petites sortit un miroir qui par courtoisie changea toute l’existence du savant qui ne savait que faire et le renvoya non pas à ses chères études, ni même vers son seigneur mais dans toute une confusion qui s’empara de lui.
Renvoyé ! S’énervait-il, renvoyé quelle honte, quelle forfaiture qui m’afflige, moi qui de tous temps fut le premier, moi qui brillais tant que tous m’enviaient, me voilà renvoyé ! Le pauvre pensait finir à l’ombre, après le cuisant échec et l’abandon de poste manifeste, le pauvre était prêt à disparaître et du néant même le voilà renvoyé. Que l’on s’imagine dans cet esprit éclairé toute l’horreur d’une situation des plus inattendues, lui qui embrassait la carrière de chercheur, lui qui avait toujours su tout sur tout ne su pas, essuya un terrible échec et des sueurs froides, renvoyé il embrassa soudain le rose à lèvres qui sortait du tube et brilla de façon bien inattendue aux yeux tant émerveillés des gamines qu’elles envoyèrent au soleil un cortège d’étoiles bigarrées !
Notre savant, après sa chute, avait trouvé la vie en rose, tous les jours, il s’étalait étincelant, sur ces lèvres et même devint dit-on amoureux.
Le soleil souverain tenta bien en vain de récupérer cet esprit des lumières qui lui avait fait parvenir tout un firmament, il saoulait bien son monde maintenant qu’il se trouvait en permanence dans les étoiles brillant plus par ses bêtises que par des conseils bien avisés, la nuit d’ailleurs on le destituait pour préparer, en secret, les jours nouveaux…
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