Au gymnase où la poutre semble être l’arche sur laquelle en archange les gymnastes ballerines en pirouettes éphémères culbutent, il y a dans ce spectacle une envie de ciel, un désir d’apesanteur…, ces mouvements de beauté n’ont aucune importance, ils ne comptent que pour les âmes et semblent voler sans portance, sans appuis sous les yeux ébahis de la petite spectatrice, tout excitée, qui pour la première fois vit le léger des anges, brillant strass dans les juste aux corps colorés. Fatos décida, sans aucun état d’âme d’être salto, grands écarts, renversements, sortie en axel, triple boucle piquée, un peu folle elle serait poids plume à voler dans les airs, réception parfaite les pieds groupés, elle aurait en retour d’avoir toucher la grille du paradis où elle aurait toqué pour qu’un ange lui ouvrît, les tonnerres d’applaudissements, une foule de rappel, une envie d’elle ! Cependant cette décision ne pesait pas bien lourds, elle n’eut aucun poids face aux arguments d’un des parents qui ne voyait pas leur petite s’envoyer aussi facilement en l’air, le monsieur en question ne voulut rien voir, son devoir proclama-t-il était de savoir ce qu’il fallait faire et que la petite, tant que cela durerait, dût dire au revoir à sa vie de bulle de savon emportée par n’importe qu’elle vent vers une fameuse grille et sur une de ces piques éclatée en sanglots, restant à l’extérieur d’un des jardins des plus fameux avec ses petits pleurs, sa grosse déception, ses mouvements saccadés et rageurs, sa petite crise à laquelle personne ne prêterait attention.
Cependant la maman trouvait à ce spectacle de fillettes et de jeunes filles fraîches et fragiles et désirables dans leurs petits costumes, avec leurs muscles fermes, avec de ces galbes petits mais puissants, avec leurs fesses si bien mises dans une valeur ajoutée à tous ces petits riens qui les transportaient de joie, sourires, œillades aux petits seins, à leur tailles exquises, tout ce charmant lui fit tenir bien indépendamment de sa volonté discours mon cher mari - voyez toutes ces beautés, songez que votre fille, de par ces dons naturels, de par sa beauté innée pour laquelle j’ai la plus grande part, votre fille, mon ami, pourrait éclipser, assurant de fait la renommée de votre nom, la gloire de votre sang, la célébrité de votre maison et plus encore la pureté de notre race, songez mon galant ami à ces avantages sans pareils dont la pérennité n’est plus a démontré -. Tout cet appareil argumentaire eu raison du peu de raison du mari qui autorisa bien sûr ma fille tu seras la plus belle car chez le marchand tu auras le choix du juste au corps, tu ajusteras indubitablement toute perfection à l’âme si noble que par mes gènes je t’ai légué. Ce discours sur la filiation, Fatos la fillette en question, ne le retenu pas, laissant ce dernier s’échapper et papa à la maison devant la télévision, allongé sur le canapé, le jour du juste au corps, elle courut faire les boutiques, en la compagnie de maman qui à un cours de gymnastique l’avait inscrite de sorte que son nom et la gloire qui y était attachée n’eût plus pu échapper, pas plus que le glorieux patronyme toujours en question, à un quelconque regard acteur principal et non figurant d’une liste qui jusque-là était passée inaperçue.
Au centre commercial, sans le père, la maman eut bien du mal à trouver ses repères, il faut dire qu’à son corps défendant sa tendance à faire du lèche vitrine s’était vue décuplée par la présence, ce jour férié, de diverses beautés exposées mini-jupes où sont des cuisses ou du décolleté la naissance des seins ou taille mannequin ou parfum exhalant exaltante et sans attente une rencontre peu ordinaire, elle en aurait perdu toute raison si par un petit coup pied sa fillette, Fatos en questionnement – où est encore passé maman, ah! vous dirais-je maman qu’ici il ne faut point s’attarder – que se serait-il passé si Fatos ne l’eût attrapé – maman ce n’est vraiment pas le moment – puis ne l’eût évacuée en urgence de ses rêves, puis par le bras la traîna dans la bonne boutique qu’elles avaient, en fait, croisé dés l’entrée et que la maman tous ses sens aux aboies et sa jugeote éperdue fit mine de ne pas avoir vu, allez comprendre allez savoir pourquoi maman est comme ça quand papa n’est pas là.
Maman suivit son bras droit, Fatos pour rien au monde n’aurait lâché prise qui est éprise par les sourires, œillades d’elle la pimbêche pensa la fillette, elle qui m’empêche d’aller plus loin car maman ne venait pas, s’étant figée devant elle, plus de cinq minutes et encore et encore à s’attarder et de lui parler mademoiselle de ce beau temps et qu’à la saint Glinglin et encore, que fait-il là celui-là, Loïc qui s’était trouvé sur son chemin, bâcla civilités, expédia : « et bien non madame, oui à bientôt » tout sourires, œillades qu’il était vers, encore elle, pimbêche auprès de laquelle il fait bon, fait bon à qui il adresse adroitement et se tenant tout droit un : « je ne suis pas perdu et je voulus mademoiselle vous présenter mes hommages… » propos qui s’enfoncent dans les méandres d’un quiproquo, la maman les rattrape au tout dernier instant les prend pour elle comme s’ils fussent par elle adressés à elle que déteste cordialement la gamine et elle, en un tourne main, elle détestée se vit écarter de maman, quant à que fait-il là celui-là, la fillette lui lança un - Loïc vraiment ce n’est pas le moment, il ne reste que l’après midi du jour du juste au corps -, ce qui bien sur intrigua fortement ce garçon qui par un madame s’il vous plait que par mon bras puissant je vous protège des tourments fut invité au salon d’essayage, où pimbêche, encore elle, derrière un rideau mal positionné, laissait à entrevoir…
Il fallut donc qu’on laissât en plan la gamine auprès d’une cabine, à la suite de pimbêche donc qu’on cherchât donc dans les rayons, avec aux missions de choisir les bonnes échancrures, d’y voir le plus joli des décolletés, d’y toucher la plus souple des matières, il fallait pour une demoiselle pour elle une de ces perfections qu’on ne trouvât pas sur terre, car la maman, car le jeune homme tous deux la carlingue vide étaient sur leurs petits nuages de pensée à habiller la petite, elle (pimbêche) comme ci ou comme ça, ce serait bien du joli. Ils revinrent après un certain temps totalement déboussolé comme s’ils eussent subit les effets d’une aurore boréale, pimbêche avait sévi, en passant faisant mine de choisir entre ces deux-la, ils étaient de retour, avec elle en tête (pimbêche) la soute pleine à craquer de vêtements, il y avait là de quoi habiller un régiment de parachutistes qui tous avaient sauté en plein vol tant le pilotage de nos deux énergumènes avait été éprouvant, et de plus cet équipage avait prétexté et que ça saute le besoin urgent de la place. Ils atterrirent les bras chargés, s’affaissèrent sur deux chaises libres en face de la cabine que la petite réservait malgré les enjeux terribles dont elle avait été menacée ; des « mon papa tu vas voir comme il est » ou des « ma petite cette cabine est libre et tu n’as pas de vêtements », … , à son encontre avait été prononcés.
Enfin nos deux oiseaux étaient bien là et fatigués croulant sur place et sous une collection à faire pâlir d’envie la petite qui avait dit attention mon papa-ci, mon papa-ça et qui pleurnichait de grande jalousie maintenant, car elle ne comprenait pas pourquoi, pourquoi pour moi c’est jamais comme ça.
Fatos quant à elle commença le balai d’entrer, de se changer princesse charmante, et pimbêche de l’imiter, simultanément, de sortir voir leur admiration aux deux spectateurs, quant à la délicatesse des couleurs qui la paraît, puis elle disparaît… Coup de baguette magique, elles se changèrent, porte-monnaie maigrit à vue d’œil à chacune des transformations en comtesses, en reines, en vicomtesses, toute la monarchie à ce qu’il paraît passa élégante raffinée, apparemment au plus grand contentement des deux admirateurs qui ne se lassaient pas d’applaudir tout l’apparat, de lancer des baisers ou des fleurs telle une populace en liesse le jour de la kermesse, elles firent beaucoup d’aller devenues altesses, ils lancèrent tant d’alléluia qui allèrent tombant en fleurs habillées de joie et Fatos fut si heureuse alors de leur montrer son corps sans retenue, vêtue des juste au corps, qui leur donnèrent tant de plaisir, pimbêche sans aucun doute. A la caisse le corps du porte-monnaie lui ne retenait plus rien, vidé qu’il était de toutes ces allées et venues, il fallut donc à la maison s’en retourner, sur pimbêche, quelques œillades, sourires, quelques souvenirs d’une journée passée à chercher pour elle le juste au corps.
Comme au plus juste le juste au corps avait souligné la perfection de ses lignes, Fatos fit remarquer qu’elle voulait tout avoir tout juste…
Commentaires